• 22470 visits
  • 133 articles
  • 3151 hearts
  • 3561 comments

15/10/2011

 



Je m'appelle Héloise, j'ai 26 ans et j'habite à Toulouse.
N'hésitez pas à me contacter !
 

Tags : Texte Personnel - poésie - Explications du blog - Introduction. - PARTAGER - mots - Etats d'âme... - Psychédélique - bitche please - Jefferson Airplane - somebody to love - white rabbit - cinéma muet - Moi aussi j'ai le swag j'ai une appli kwest - héhé - NOETIC_NIRVANA_by_gautman88

Version 2.0 L'écriture le poète et moi. 25/09/2014

.....souviens-toi que la poésie est une errance, toujours plus longue, parfois lointaine
qui ne laisse à l'
Homme que sa canne et ses pieds pour soutenir son haleine
ou un zoo où les pierres pleurent, les singes hurlent en rognant des conques
pendant qu'aux allées, les passants, parfois par dizaine ou quelconques
s'exclament : quelle drôle d'Histoire !

*****

Nous allâmes , Begum Et Toi, Cent Mille Ans Vers l'Incönnu
Pour Arriver Au Pàlais Du Sultan Bâlal Assim Waldaba Le Sécond
Où Gisàient Zinzolines Les Dèrnières Ruines Des Temples Brétons
Et le Corps D'Achille Complètement Nu


De Fécondes Fontaines jaillissaient de toutes parts, pleines de sang,
Et le sang buvait le soleil, veines de lumières, sèmes de diamants.
De beaux abricotiers penchés à l'est cafraient la poussière
Aux abomas des Douves, les homards étaient tous gris
A l'ouest, une hamada de salicornes sous un Schamaïm clair
Parfumait la Terre d'un chant de Houri.

Sur les gigantesques remparts, tatas de nards, où la glycine est gangrène,
Qui mange des pierres
Qui mange des tôles,
Des lierres, des orties, de hautes pierres qu'ondule l'onde du larsen
Et l'ombre des chats, des gros chats qui miaulent.

La porte était massive métallique, plus imposante qu'à Jéricho
Sous nos pas, les édifices hurlaient mille échos.
Des bourrasques de vents emportaient nos cheveux,
Sur nos visages blêmes ils perçaient nos yeux.
Topaze était la barbacane, camphre la voûte ;
Cent caravanes de la Kedem y passaient au mois d'Aout.

****


C'était un Palais Magnifique, mon ange,
Une Poésie pailletée comme une diaspora.

****

Sur notre route s'étaient dressés de grands arbres secs
Des fruitiers de Provence, des cèdres de Baalbek
Leurs troncs d'asphalte emportaient nos ombres,
Tandis que le couchant tombait sous la pénombre,

Au loin, dans
aient cinq lunes dans l'espace,
L'horizon était d'eau, de ruisseaux, d'océans, sur leurs surfaces,
S'étaient gouachée la sinistre pâleur de ces astres,
Comme un suave linceul blanc.


Comme le génie se terre quand la paume dort
Comme
des paillettes que la nuit aurait dissoutes,
Ce monde-là implosait en poudres de poussières d'or.

Par centaines, les pavots drapaient les bordures de notre route,
Lorsque nous courrions, parfois, nos regards exaltés
Donnaient à ces fleurs les contours de veines empourprées.
Les yeux
alors portés vers les hauteurs nous laissaient contempler
Les nuées d'oies sauvages pénétrer les nuages,
Et se
faire dévorer...
Ainsi, sont les éclairs qui s'accouplent aux orages.
 
****

Au creux de cette vie, cet incessant et
vieux voyage, nos yeux exaltés
Comme deux poignées d'arc en ciel greffées
à nos peurs
Se tournèrent vers l'espace où vaquent les clameurs
A la recherche d'une Muse qui dans les limbes serait couchée.
Où va-t-on, sans détours, quel chemin parcourir ?
O Muse, où as-tu peint les gammes de ton rire ?
Vers quel astre doit-on faire front, quel vent doit nous pousser ?
Il faut rire ô ma muse, nous suivrons ta voix sans ciller.
 
A l'est, on dit qu'il soigne le malheur avec un pinceau
Que tu jongles avec les lucioles, piétinant l'herbe folle de grands et beaux sauts;
Et transes comme une onde, balbutiant des odes à tes dieux,
Que brille dans ton 
½il la lueur des beaux ciels bleus.
Tellement tu gargarises la musique dans ta gueule ,
Vers un ciel d'hémoglobine, où le soliste combat l' cri d'Mr Bungle. 
Tu te sens comme gitane, voluptueuse, tes pieds sont dans la boue,
Par derrière de ta rue, les sémaphores de voiture viennent t'habiller
D'or et de photons crépitants. Tu sèmes ton rire comme la dame son gibier
T'as les Balkans dans tes jambes à te faire volter comme un loup.

La lavande de tes veines sèche au feu des jades brillants.
T'as les tutus les banbans, chuku, chuchu pan-pan 
Plein d'astres qui chantent au coeur des tes paumes.
Aux noeuds de tes cheveux poussent des anémones.
Muse , qu'as-tu à nous dire?
Un Vase.
Un vase plein d'eau quand on a soif.

*****


Toujours voyageant, je remarquai que nous n'avions plus de chaussures, plus de vêtements, plus de Raison, plus d'argent, plus de pendule, plus de ressources, plus d'organes, plus de corps, plus de besoins, plus de désirs, plus d'envies, plus d'espoirs, plus de nostalgie, plus de légitimité, plus de droits, plus de devoirs, Nus, plus de souvenirs, plus de vie, plus d'objets, plus de capitalisme, plus d'idéologie, plus de religion, plus de dictature, plus d'usure, ...nous étions nus, plus de travail, plus de musique, plus de beauté, plus d'humanité, plus de ranc½urs, plus de voisins, plus d'imagination, plus de soleil, plus de passion, plus d'aurores, plus de sommeil...et nos pieds, nos pieds!!
Sales, nos pieds de vagabonds, foulaient enfin pourtant le sol béni,
Le royaume tant espéré,
Que Dieu avait promis

****
 
Ici, la Muse a posé son rire comme une tâche de vin,
Suivons-le jusqu'au verre pour creuser un chemin.
 
****

Nous parlons au c½ur d'un désert de tempêtes, où le vent emporte le Satan et son fiel
Fait chuter les oiseaux et les étoiles du ciel,
Fait tournoyer les voiles des bateaux les plus solides
Des remparts, contemplons les plaines, la mer et le grand Vide.

D'abord ce vacarme étrange où les tornades de sable remplissent nos bouches de silence,
Vainement mes doigts arrachent mes cheveux pour que mes yeux puissent encore Te voir
Puis ça surgit comme un bouquet de signifiance,
Éclot en plein milieu du soir.
 
« La Poésie -dit le verre- n'a peut-être pas conscience, sais-tu, de tout avoir crée,
D'être ainsi une Mère qu'on dévore, insatiables et sauvages,
En son sein humide, où resplendit l'oiseau dans les ténébreux nuages,
Toujours sublime elle demeure en son corps décharné.

Elle ce vagissement du nourrisson venant de naître,
Et le râle douloureux d'un vieillard dans son lit,
La beauté des aurores, le baiser froid des hivers, les peaux que l'on mord,
Un bienfaisant silence transpercé d'effroyables cris.
 
Elle est un ventre de femme où naissent les planètes,
Les étoiles, l'herbe, tous les hommes et les pas des danseuses
La lune est très pâle, et ses rides creuses.
Le Soleil est un visage d'or poignardé de comètes,
Il y a des milliards d'Oiseaux qui le traversent, des feux de Bengale
Sur les rives des rivières, poussent des bambous enflammés,
Des Crocus humides, des bourgeons blancs et cent mille pétales
Qui se meurent à l'hiver, sous des vents enneigés.
Les Dunes des Déserts s'embrassent sous des pluies de soleil
Tandis qu'ailleurs, le monde se noie sous des tonnes d'eaux
Les feuilles sont d'émeraudes, de givre ou de vermeille,
Les Lierres sauvages, en silence, étranglent les arbrisseaux.
Les Lionnes dorment à l'ombre d'un Baobab,
Des grenouilles croassent dans l'étang d'à côté,
Un Tigre se meurt à la frontière du Penjab,
Grouillent les mille insectes qui vont le manger.
Les Volcans sont rouges et les océans sont bleus,
La cime des arbres tranchent l'infini des cieux,
Les éclairs sont de cuivre, et les aurores de bronze,
S'enlacent à jamais, nos étoiles et nos yeux,
Tandis qu'ailleurs, dans des temples des bonzes
Répètent sans cesse les mêmes chants pieux.
La nuit est un labyrinthe et ses murs sont opaques
Ses angles se meuvent aux haleines des Parques.
 
Poésie
Elle est sourde, mais sa voix par nous se heurte à tous les coins des rondes
Comme de géants mots d'amour qui toquent dans la tombe.
Et même quand la glace vient couvrir les corps immobiles,
C'est dans la chair, les vers, et le renouveau qu'instinctivement,
Elle se meut comme un fleuve très tranquille
Qui traverse le néant.

L'Univers s'éveille et s'endort dans la paume de ses mains,
L'Univers s'attriste et s'égaye seulement dans ses reins. »
 
 
 
.Ainsi lui dis-je, tous nos gestes, toutes nos paroles, tous nos cris se confondent
En un espace infini où germent inutilement les fleurs les plus belles,
Où toutes les choses même les plus infimes sont fécondes,
Et poussent ensemble jusqu'à en crever le ciel.
Même moi je suis là, une terre en friche dans un bol bleu
Je hurle « ma Muse» des graines dans les yeux.
 
 
Et toi,
Lecteur apatride, en exil, sur l'heure, prend le vers pour ami
Avalons ce soir chaque table, chaque chaise, chaque mot
Pour qu'entre chaque mouchoir et qu'entre chaque sanglot
Qui s'envolent comme des colombes blanches dans la suie,
Il y ait les fils de nos voix.
Autour de nous, les obus et les comètes explosent tour à tour,
Les vagues se décharnent, la terre se brise comme de l'argile
Ton c½ur en a fini de battre, ton regard est figé entre tes cils
Mais je te serre contre moi, mon tragique et mon unique amour,
Puisque les ombres et les spectres remplissent l'univers,
Que l'obscurité s'étend comme un bouquet de notes sur le sol,
Je reste à sourire, en embrassant furieusement tes lèvres molles,
Pour qu'à nos dents, accouche cette prière.
 
 
----

L'obus détruit le monde, l'écriture construit le ciel :
A la Violence qui saigne on engage : Et soi-même et le Beau,
A l'inaction, prête le travail, Au verbe, tremblent les échos
Grêles, balles et ferrailles ; ondes, bises et zonderziels.(1)


(1) sans âme, fantôme en néerlandais.

Tags : poésie - true detective

Salut à toi l'artiste! 04/03/2014

Salut à toi l'artiste!
 (Tableau de Gauguin)

 


 
Il y a un art que je respecte plus que tous les autres, c'est la peinture. Moi qui suis toujours choisie la dernière dans les équipes de Pictonnary, ou dont les dessins n'ont jamais été encadrés par sa propre mère, j'aurais pourtant rêvé de savoir représenter par un coup de crayon toutes les images fleurissant à mes yeux ou dans ma tête. Je suis vraiment étonnée par le nombre d'artistes et de talents qui séjournent sur skyrock. Chacun a son style, sa palette, ses motifs, et j'adore traîner sur leurs blogs pour m'attarder sur leurs ½uvres en poussant des soupirs d'admiration ! Et puis, ce qui me fascine, ce sont les photos de leurs ateliers où le grand chevalet fait de l'ombre aux toiles blanches, où les tâches de peinture semblent au sol être des flaques qui ne s'écouleront plus jamais, figées dans le temps. Le petit truc qui me fait tellement envie, qui attise ma convoitise, ce sont sur ces étagères ces gros pots remplis de perles, de plumes, d'argile et de gomettes. J'ai tant essayé de fabriquer moi même mes bijoux, des tableaux, mais c'était toujours moche! Comment c'est possible à la vue d'aussi jolis matériaux, si gourmands.

J'aime les tableaux plein de couleurs pétantes, quitte à y trouver aussi des dorures ou des tracés argentés, parce que cela me rappelle mes premières visions émerveillées de l'enfance qui dans la découverte magnifiaient chaque chose, les rendant plus vivaces et plus uniques. Lorsqu'on est enfant, ne prend t on pas le crayon de couleur bleu pour toutes les eaux, alors que celles ci sont transparentes ou blanches? La peau de nos parents ne devient elle pas rose flashie et leurs cheveux multicolores? Les rayons du soleil confondent l'orange, le rouge et le jaune, tandis que la maison, ce carré informe, est toujours reconnaissable chez les enfants par ses volets rouges? Les couleurs criantes sont aussi celles des bonbons dans les sachets plastiques, des jouets ou des vêtements que nos parents nous faisaient porter parce que cela nous rendait trop mignons. Qui n'a jamais eu ce fameux pull over moutarde, rose ou bleu ciel? Par conséquent, les tableaux multicolores me ramènent à cette prime époque où tout était sujet de contemplation parce qu'il n'y avait pas encore ce mécanisme de distance et d'analyse qui tissait ce lien entre mon esprit et la réalité. Dans ces tableaux, je replonge vigoureusement dans cette faculté de voir les choses avec enthousiasme et naturel. Je suis par exemple une grande admiratrice de Gauguin, de Matisse ou de Van Gogh parce qu'on a envie d'être dans ces tableaux, de s'y promener : cueillir les tournesols, s'allonger sur la plage en compagnie des indiennes, danser dans ce hâle bleu envoûtant. Même les pièces des maisons sont fantastiques. A la fois, c'est un coup de pinceau inimitable, les couleurs charment l'oeil, mais aussi, il y a un certain goût pour m'aménagement qui permet au spectateur de se sentir comme un étranger dans son nouveau refuge.
 
Salut à toi l'artiste!


     
            (Tableau de Tablodedolo )

Par exemple, dans la série de tableaux des Odalisques, regardez combien les matelas où sont allongées les jeunes filles semblent confortables et doux, ils semblent usés par les rêves et l'amour à l'image de nos propres lits. On remarque régulièrement de petits bouquets de fleurs jaunes ou rouges sur la table de chevet, presque cueillies la veille qui viennent rendre gentille et familière la scène comme si c'était une petite attention du peintre semblable à une coquette maîtresse de maison.

Cela me rappelle d'ailleurs ces vers de Baudelaire, dans l'invitation au Voyage : " Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre ; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l'ambre, Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale, Tout y parlerait À l'âme en secret, Sa douce langue natale." Ah ce Baudelaire, un connard fini mais quel grand poète !

De même, dans la fameuse chambre de Van Gogh, j'ai toujours aimé ce détail de la fenêtre entre-ouverte, parce qu'en regardant le tableau, il me semblait entendre le bruissement de l'été dans le jardin et sentir l'herbe coupée. Je suis persuadée qu'il devait y avoir un grand arbre devant la façade de cette maison, face à la chambre, et que l'on pouvait de cette fenêtre en toucher les feuilles, grandes et croquantes.

Chez Gauguin bien sûr, la plupart des scènes se déroulent à l'extérieur, dans une nature tropicale en bord de mer. Simplement, cette nature n'a rien d'effrayant ou de sauvage, elle semble être l'habitat des hommes comme une mère. Les branches en sont des toits sombres, tandis que le vent chaud fait frémir les cheveux noirs huilés . Quand on regarde les tableaux de Gauguin, on se sent comme dans le livre de Michel Tournier, Vendredi et les Limbes du Pacifique, tant la Nature devient Asile et on voudrait dormir sur ce sable, dans ces bancs de fleurs, sous ces grandes palmes. Je ne sais pas si vous avez lu Vendredi ou les limbes du Pacifique, mais c'est une réécriture de Robinson Crusoé en fait, où Robinson plutôt que devenir fou et solitaire sur son île, se met à apprendre à vivre au sein du monde sauvage entre animalité et état humain. L'expérience lui enseigne à ne pas se nourrir de mauvaises baies, à faire attention à certains insectes (etc), puis une fois adapté à son milieu, Robinson va se redécouvrir en tant qu'homme et lier avec la Nature un rapport mystique et affectueux. C'est ce que Gauguin m'évoque, et m'invite à vivre. 
 

Après en peinture, je n'aime pas que les motifs ou couleurs qui font rêver. J'ai un goût très prononcé pour le macabre et le burlesque depuis toujours. C'est ce qui d'ailleurs me fait adorer certains films asiatiques et d'horreur esthétiques, mais nous y reviendrons.
 
J'aime beaucoup Georges Buffet par exemple dont les personnages aux visages tristes et aux corps faméliques sont à la fois sinistres et drôles. J'adore les peintures d'El Greco, notamment à cause des regards de ses personnages qui font froid dans le dos et sont presque insoutenables. On dirait qu'ils nous jugent et nous alertent, nous prennent en pitié et nous méprisent tout à la fois. Les couleurs pourtant si sombres deviennent duveteuses, et brillantes par cette lumière "divine" qui vient dont ne sait où. Après, dans ce thème du macabre et de l'horreur, ce que je déteste c'est quand ça frôle l'inutile et la vulgarité. Sur deviantart, y a tellement de pseudos artistiques qui se croient trop cools parce que leur objectif dévoilent des engins d'horreur, des cimetières, des femmes ensanglantées et nues, des baignoires pleine de sang et des atmosphères gothiques ! Je veux dire, au delà du fait que ces motifs n'ont aucune originalité et qu'en général, c'est plus la palette graphique ou la qualité de l'appareil qui font le travail, ce que ces mecs ou nanas veulent représenter n'a aucun intérêt sinon celui de susciter un effroi glacial et machinal. Y a aucune vie, aucune pulsion dans ces regards de poupées mortes, aucune transcendance dans le message posé par l'oeuvre. C'est et c'est tout, mais à vrai dire, je ne vois pas dès lors ce qui différencie l'art des archives photos de la police nationale. Il serait peut être temps pour notre génération d'avoir des ambitions plus élevées que de faire la polémique avec des squelettes décharnés, car autant un squelette peut être impressionnant (je pense notamment à ces momies incas découvertes dans le désert ou à certains tableaux de James Ensor pour ne pas citer toujours les mêmes) autant l'angle de vue est si banal et si matérialiste qu'on en tire une qualité à mon sens très médiocre.

Si j'avais été peintre, je pense que j'aurais adoré travailler premièrement sur des motifs issus des anciennes mosaïques greco-romaines ou du bassin méditerranéen. Franchement, avez vous déja visité d'anciennes thermes ou des mosquées médiévales? C'est impressionnant ce travail de fourmis, surtout quand on l'observe de près ! Chaque pièce de la mosaïque est unique, et peinte avec un soin de légiste. Après, la texture est très agréable au toucher. J'aurais aussi aimé m'inspirer des couleurs et des personnages issus des peintures pré-colombiennes. Les vases qui ont été retrouvés dans les tombes sont à couper le souffle ! Petite anecdote d'ailleurs pour les amateurs d'art, les pots que l'on voit dans les musées destinés à l'art inca par exemple ont tous quelque part une inégalité dans les motifs. Ce n'est dû au fait d'une erreur humaine, quand on voit la régularité sur l'ensemble de l'orbe, en fait c'était en rapport avec les croyances des incas. Pour eux, la perfection géométrique n'était digne que des Dieux créateurs de notre monde, dès lors, quand l'homme peignait il se devait de montrer sa petitesse en créant quelque part dans les arabesques un changement. Par exemple sur le haut d'un vase, on pouvait retrouver circulairement ce motif : /\/\/\/\ puis d'un coup //\\. De même, c'est aussi pour cela que chaque personnage possède son propre visage et des expressions particulières, parce que pour les incas, c'était un hommage aux Dieux qui nous avaient tous faits différents les uns des autres.
 
Salut à toi l'artiste!


             ( Tableau de Célina63)
 

Enfin, je crois que je n'aurais pas tellement aimé faire de portraits ou peindre les hommes en action. C'est un sujet trop difficile à mon sens. A la limite, des créatures, des monstres, des personnages mythiques comme les déesses, les sirènes auraient pu apparaître dans un coin de la toile, mais ça n'aurait pas été l'homme que j'aurais cherché à représenter mais une fibre de mon imaginaire et ce qu'ils symbolisent. De fait, au delà de paysages oniriques où le bleuté de l'univers pénètre la mer, la Nature, toute simple, pastorale, avec ses feuilles d'or et ses troncs veineux aurait été ma principale Muse. J'aime tellement me promener en forêt, observer combien les couleurs changent aux saisons, regarder minutieusement la pousse des herbes et la geste des fougères. (hey ça va oh, on peut avoir un coeur sensible sans être Francis Lalanne ok? Et d'ailleurs j'adore ce mec, du moins son personnage !)

Enfin pour conclure, j'aimerais juste citer Rimbaud qui avait dit "Enfant, certains ciels ont affiné mon optique". Je tiens juste à rappeler que le mot ciel connait deux pluriels: les cieux désignent ceux au dessus de nos têtes, et les ciels sont ceux de la peinture. Fréquenter les arts alors, plonger dans cet univers merveilleux des couleurs et des formes, c'est juste apprendre à voir différemment les choses et nourrir cet émerveillement qui s'il était naturel à l'enfance, ne devrait jamais nous quitter.
 
Salut à toi l'artiste!


   ( Tableau de Dam Domido Art et Passion 

01/06/2015


Le soir tendait le pourpre de sa joue vers la fenêtre de notre chambre. Il y avait dans l'air comme un parfum de mangue, et du salon, on entendait Nina Simone chanter « Here come the sun », cette sorte d'hymne au bonheur.

Paul avait les trois premiers boutons de sa chemise ouverte sur un coin de peau que j'embrassais d'une bouche humide, tandis que mes doigts tremblants redessinaient le contour de ses oreilles roses. Mes tempes battaient contre la paume de ses mains, et parfois nous échangions un regard, un joli regard plein de tendresse qui disparaissait sous une paupière timide.

J'avais enlevé ma robe, elle bordait le lit. Il ne me restait plus qu'une pièce de lingerie rouge flamboyante qui contrastait si bien avec ma peau brune. Je sentais les lèvres de Paul en dévorer la chair, il m'enserrait de ses bras, son odeur m'enivrait. Au creux de mes reins, de longs frissons électriques, masturbaient déjà mon sexe, que je rêvais lui donner à manger.

Près de nous, à une coudée du lit, Brigitte dansait en suçant l'embout d'un joint dont la fumée encerclait ses gracieux mouvements. Elle avait une bouche écarlate qui dans ses sourires laissait entrevoir des dents perlées où rebondissaient les éclats de sa voix d'ange.

J'aimais à la contempler, dessinée par la coupe de son bustier noir en dentelles, et le glaçage de ses jarretelles opaques. Ses longs cheveux roux formaient un bouquet, et avec ses yeux noirs, elle me faisait penser à une petite renarde sauvage qu'on aurait bien envie d'apprivoiser.

J'étirais mes caresses sur le buste de Paul puis son corps tout entier, dont j'aimais les courbes si pleines de forces. Mes lèvres erraient dans son cou, comme un papilon affolé.
« Brigitte, dis-je le souffle court, embrasse-moi, toi aussi », et je jetai un regard vers elle plein de soumission.

Brigitte s'est mise à rire, un de ces rires libres comme l'envol des oiseaux et ce rire la rendait belle. Elle avait maintenant les mains posées sur les hanches, sa peau pâle paraissait douce... Je sentis le sexe de Paul encore plus se durcir sous le tissu de son jean.

Brigitte s'est glissée comme une chatte vers nous, posant délicatement ses pattes le long du lit puis sur ma cuisse, enfin sur le sexe de Paul. Son épaule effleurait ses lèvres, alors que les miennes rencontraient enfin les siennes. Elle avait le visage frais comme un matin de printemps, et tout en cajolant avec elle le sexe de Paul, j'explorais le creux de ses joues avec tout mon visage ainsi que s'embrassent tous les félins.

Paul déboutonna son pantalon, et avec Brigitte nous l'aidâmes à complètement l'enlever, ainsi que sa chemise, ainsi que son boxer tout en attrapant au vol plusieurs baisers. A présent nu, nous le couvrions de caresses comme s'il nous plaisait de jouer aux vestales et lui, au pharaon. J'aimais à passer ma main dans ses cheveux, pendant que Brigitte lui mordillait l'arcade sourcilière. Je prenais dans ma bouche chacun des doigts de Paul, pendant que Brigitte en venait à toucher mes seins comme s'il s'agissait de choses très fragiles. Paul en vint à s'allonger complètement, admirant sans doute la légèreté des grâces que nous nous faisions. Nina Simone ne chantait plus, seuls nos souffles entremêlés coupaient le silence.

Penchées au-dessus de lui, nos deux mains enlacées sur son c½ur, nous échangeâmes un long baiser de femmes qui s'étonnent de leurs douceurs capturant au hasard quelques millimètres de langue, pour mieux la savourer. Et l'une et l'autre ne cessions de gémir sous l'afflux des caresses de Paul qui délicatement s'était faufilé sous nos culottes.

Paul fit glisser la mienne le long de mes cuisses, puis fit de même à Brigitte. Je sentais, sans doute comme elle, l'air chaud de la pièce se lover contre mes petites lèvres à présent et percevais plus cruellement encore les vagues humides de mon désir jouir le long de mon bassin. Et, comme pour ne pas sombrer dans l'ivresse, je m'accrochais à ses lèvres avec d'autant plus d'intensité.

C'était pourtant avec lui le vrai désir, ce vrai désir qui me faisait jeter des regards plein de fièvres à Brigitte pour l'inviter à me suivre, à me soutenir dans ce désir si lourd qu'il me fallait supporter comme une torture. Il me fallait prendre dans ma bouche le sexe de Paul tout entier, sur l'instant. J'avais envie de lui plus que tout, et, tout mon corps en était bouleversé.
 
Enfin, après une discussion silencieuse que seules les femmes savent avoir dans ces circonstances, nous approchâmes nos visages de son sexe pour l'engloutir intégralement, chacune à notre tour. Nous jouâmes ainsi à nous imiter dans nos caresses, à nous découvrir dans nos façons d'embrasser et de joindre nos mains à nos langues. Brigitte aimait à tourner autour du sexe de Paul avec la pointe de sa langue en parlant du bas vers le haut, moi je préférais le torturer en excitant juste son gland avec mes lèvres. Je lui montrais comment j'aimais aussi à l'emprisonner dans mes paumes brûlantes, comment je préférais le garder longtemps immobile sur la langue, ou encore à en
suivre les courbes avec mes doigts comme si je peignais.
 
Quand je le sentais frémir plus singulièrement, je me lançais à sa rencontre pour le couvrir de baisers et me surprenait à me noyer dans son regard pour contempler son âme abandonnée au plaisir, tendant ma main à Brigitte pour qu'elle la saisisse et la berce. Et, tandis que je me laissai envoûtée par le spectacle de mon amant heureux, je sentais le long de mes cuisses les doux cheveux de Brigitte qui allaient et venaient au rythme lent mais puissant de ses dernières aumônes.

Quand enfin il vint à jouir après plus d'une heure de nos caresses et de nos baisers, c'est avec la force de la reconnaissance que je me mis à serrer plus fermement la main de Brigitte dans la mienne, et avec bonheur, que j'embrassai le cou trempé de sueur de mon amant. »

04/09/2014

A 13h, un dimanche,
              il y avait bien la tempête.
Une tempête de vingt millions de coups de fouets
un jour
D'il y a près de mille ans en Chine,
          près de la muraille.
On frappait, on sonnait, on culbutait les portes,
tandis qu'un long vent froid venait comme
ce liquide qui drape de rouge le visage des invalides,
éclater de big-boums les gros os de mon toit.
 
Du haut du sceptre d'un beau nuage touffu,
par coups d'éclairs,
en cicatrices de pluie,
je vis mon beau ciel, mon beau ciel
                        de grès
grivelé comme,
 cette peau d'orange,
                                là,
l'est sous ton ongle,
 
Et t'avais beau pleurer, j'avais beau le savoir,
on avait beau pas le croire;
C'était pourtant à nos vies qu'on avait écorché les ciels bleus.
 
Parmi les timbres, on composta ces paroles dans notre lit de cris ;
Sans doutes, sont-elles autres ou lettres mortes aujourd'hui.
 
Pourtant.
Dans le vacarme des anges, un silence en moi
Tait parfois ton nom,
Ça me revient toujours dans la brise,
                                                           Manon.
Et ce dimanche d'alors,
même si, parmi les tonnerres, et le chuchotement des glottes,
toujours invisible,
J'entendais les palpitations d'un ange qui préférait mourir plutôt que passer
Je n'ai su dire que le dicible,
Qui...Même si....
Y en avait peut-être, un de toi, et un de moi, qui devait encore s'aimer.
 
 
Quand j'ai, soufflant d'un c½ur brûlant mais glacé, sur l'univers
si lentement hurlé,
J'aurais tant voulu faire du monde un notre globe de verre
Couperosé d'or, nos larmes pétrifiées,
Pour à jamais te voir; voir des astres perlés.
 
Il y a toujours un éternel éclair pour ceux qui s'aiment mais s'en vont,
A ce moment où, tout autour si harmonieusement se brise.
Et dans la tourmente, les baisers, les bons baisers, de Manon,
S'étaient envolés dans la bise.

Tags : Nusch - Eluard