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15/10/2011

 



Je m'appelle Héloise, j'ai 26 ans et j'habite à Toulouse.
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11/10/2011

Je crois que j'arrêté de rêver, le jour où cette vieille dame est rentrée dans le métro parisien, et m'a frôlé si doucement.  Le compartiment était plein à craquer, on respirait l'oxygène des autres, la manche d'un bras s'agrippant à une rambarde me grattait le visage. J'attendais depuis sept arrêts une place assise. Elle est passée sans me regarder, et moi je regrettais de l'observer, alors que tous les parisiens sévères et chics étaient plongés dans leurs journaux.  Elle était petite, énorme, par le fait de six à sept couches de manteaux qui l'ensevelissait comme un pauvre animal, et malgré la lumière rude des néons, qui nous donnaient à tous le teint blafard, les joues de la grand-mère étaient rouges, tandis que ses cheveux puaient l'alcool.  Elle nous regardait comme débarquée d'un autre monde, ses lèvres formaient un arc triste, et sous ses épais sourcils, de profondes rides flétrissaient ses paupières.  Et nous frôlant tous, dans une marche indolente elle espérait qu'on mette des sous dans son verre en plastique, sans dire aucun mot. C'est quand elle arriva à hauteur de mon épaule qu'elle s'est mise à chanter. Ca a coupé le souffle de tout le monde, même les  machines semblaient se taire,  parce que sa voix était puissante, sublime, et qu'elle allait de droite à gauche, de haut en bas dans ce petit établi. J'avais la sensation que les sons nous traversaient tous, et que tout le monde a vécu pareille émotion, à l'envie de pleurer pour certains et l'envie de fermer les yeux pour les autres. L'arrêt suivant, après deux minutes de chant liturgique venu d'un pays lointain,  dont j'étais bouleversée, elle est descendue en peinant pour descendre les marches, tirant contre elle son grand cabas plein d'ordures, un grand mec l'a bousculé, et déjà nous repartions.  Ma main s'est posée contre la vitre, comme si l'enfant en moi  était resurgit, voulant aider grand-mère, et s'est heurtée sur la projection d'une  ombre qui était déjà presque effacée. J'avais l'impression que son chant venait des cieux, et qu'il bénissait le monde, perdu dans le temps et l'espace. C'était si grandiose, que la situation ne pouvait être vécue que comme miraculeuse ou incroyable. La réalité n'est pas en contradiction avec le fantastique, c'est nous-mêmes qui rendons  les moments fantastiques ou étranges,  de la spiritualité dans la vue, parce que nous cherchons à nous transcender, et aborder le monde avec plus d'amour.  En me rendant compte moi-même de cette humanité, qui était là  autour de moi et en moi, j'ai réalisé qu'il ne fallait plus rêver dans son monde, mais parler, échanger avec le vrai monde, pour qu'il nous donne les possibilités d'agir, et non le fantasme d'agir. A chaque grand-mère qui passe, dans l'impasse, il faut offrir l'obole, et le sourire, et le c½ur, ou de soi simplement, l'indifférence est le pire des mépris, la plus médiocre des bassesses, et après deux mille ans d'histoire, il serait temps de tirer profit des sagesses antérieures.  Ne repoussons pas toujours la faute sur les générations à venir, et décidons nous à prendre en main le réel pour le changer. Je ne veux pas vivre parmi les ombres puis en devenir une.  Au lieu de parler de bonté, créons la.
 

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